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Évasion et geekeries

Resultats Q3 Google et Google+

Google a récemment publié ses résultats financiers pour le troisième trimestre 2011. Dans cette annonce, ils en profitent pour donner un chiffre concernant Google+ : 40 millions de comptes. Évidemment, on compare immédiatement à Facebook et ses 800 millions d'utilisateurs actifs. Cette comparaison a immédiatement provoquée des réactions dans tous les sens principalement à l'encontre de Google. En effet, de nombreux inscrits à Google+ estiment qu'il s'agit d'un échec : leurs "amis" sur Facebook n'ont pas migré sur sur Google+ et leurs flux restent désespérément vide. D'autres annoncent eux même avoir ouvert un compte et ne s'être jamais reconnecté. Comme d'habitude, la chose ammusante est que tout est comparé avec n'importe quoi.

Dans un premier temps, comparer les chiffres Google+ et Facebook n'a aucun rapport, comme le souligne par exemple Search engine Land. Si on doit comparer les chiffres annoncés par Google, comparons donc les chiffres sur la création des comptes. D'après comScore (voir l'article de Search Engine Land), Google+ a atteint les 25 millions de création de compte en moins de 2 mois, là où il en a fallu 20 à MySpace, 30 à Twitter et plus de 36 à Facebook. Évidemment, ces chiffres sont également incomparable du fait du contexte d'existence de chaque service. Lors de la création de Facebook, les réseaux sociaux n'étaient pas dans les habitudes des internautes. Mais à la création de Google+, celui-ci est dans un contexte hyperconcurentiel.

Si par contre on doit se baser sur les chiffres de Facebook, il faut voir leur définition d'utilisateur actif. Pour Facebook, un utilisateur actif est un utilisateur qui s'est connecté au moins une fois sur Facebook au cours du mois. Cette notion pourra-elle réellement être mise en concurrence avec Google+ ? En effet, si l'utilisation de Google+ nécessite son activation, par la suite, on se connecte finalement à Google... Google+ en lui même est un service Google qui intègre les autres. Picasa devient ainsi une partie intégrante de Google+. Donc si j'ai activé mon compte Google+, que j'ai partagé un album et que je ne me connecte plus jamais sur Google+ mais par contre que je manipule mes albums, puis-je être considéré comme un utilisateur actif ou non ?

Enfin, bien que pour certains une publication sur un outil de réseau social comme Facebook et donc Google+, doit se faire de la manière la plus restreinte possible, Google+ semble en fait favoriser les publications publique. Ceci s'explique par le fait que des personnes du domaine de la communication (aussi bien généraliste, liée aux réseaux sociaux ou à l'informatique) ou de la photo (voir d'ailleurs le hangout avec Trey Ratcliff, bel exemple des possibilités de visioconférence offerts par l'outil) ont adopté Google+ qui leur sert comme un outil de communication proche du Blog. En effet, avec Google+, il est très facile de référencer une publication particulière. Larry Page a ainsi référencé les résultats de Google sur ses flux. Ce type de référence est impossible sur Facebook, mais l'est sur Twitter. C'est pourquoi pour Dick Costolo, CEO de Twitter, ne s'inquiète pas des utilisateurs inactifs. Il n'est nul besoin d'être un utilisateur actif pour consulter les posts publique, leur mettre +1 et ils sont déjà référencés par les moteurs de recherche.

Alors on peut toujours parler de l'utilisation du service Google+. Beaucoup le considèrent comme un concurrent à Facebook, une alternative. En réalité, l'utilisation est bien différente. La première erreur est de penser qu'on doit y transférer sa communauté Facebook. Or ceci vient de l'éducation de l'outil Facebook qui oblige à une relation mutuelle. Le système suiveur/suivi à la Twitter a comme intérêt de proposer des communications plus intéressantes mais a comme défaut de mettre les utilisateurs face à leur réelle popularité. Sous Facebook, le nombre d'amis est son score de popularité. Sous Google+, personne n'oblige quelqu'un que vous avez ajouté à vos cercles de vous ajouter, ce qui fait que ce score, reflété par le nombre de personnes qui vous a ajouté un cercle, peut être bien décevant. Vient ensuite la manière de poster, et la facilité de publier un post publique. L'ajout récent des hashtags confirme l'utilisation du service comme s'inscrivant dans un conteneur d'informations où finalement les posts type "hier journée shopping, je me suis bien éclaté" apparaissent de manière moins adaptés que "hier, à #superPromoMag, je me suis bien éclaté". Ainsi, non seulement on peut communiquer avec des personnes non inscrites à Google+ (une personne cerclée n'ayant pas de compte recevra un courriel), mais d'autres peuvent consulter le post (publique) comme n'importe quel site web ou blog.

Bref, annoncer l'échec d'un service qui a moins de 3 mois d'existence, mois d'un mois d'existence publique, est bien présomptueuse. Le nombre d'inscriptions est phénoménal, mais en effet, on peut considérer que le nombre de personnes actives est très réduit. Mais je suis prêt à parier que ce faible nombre d'actifs est bien plus rentable pour le service que si tous les utilisateurs étaient actifs dans le système Facebook. Nous avons donc réellement des services bien différents, offrant des fonctionalités similaires mais dont l'utilisation est différente. Ceci ne veut pas dire qu'elles sont comprises par tout le monde, ni qu'elles seront utilisées comme les concepteurs l'avaient prévu. Et ceci fait qu'il sera très difficile de trouver des métriques pour évaluer les différentes plate-formes les une par rapport aux autres.